Additifs alimentaires : lesquels limiter et comment les repérer
Codes E, nitrites, émulsifiants, édulcorants : ce que disent les autorités sanitaires et les réflexes simples pour limiter les additifs sans tout bannir.

Colorants, conservateurs, émulsifiants, édulcorants : les additifs alimentaires sont présents dans une grande partie des produits transformés. Ils sont autorisés et évalués par les autorités européennes, mais certains font l'objet de doutes ou de recommandations de prudence. Voici comment s'y retrouver sans tomber dans la paranoïa.
Lire les codes E
Chaque additif autorisé dans l'Union européenne porte un code commençant par E, suivi d'un numéro. La première centaine indique souvent la famille :
| Codes | Famille |
|---|---|
| E100 à E199 | Colorants |
| E200 à E299 | Conservateurs |
| E300 à E399 | Antioxydants et régulateurs d'acidité |
| E400 à E499 | Épaississants, gélifiants, émulsifiants |
| E900 et plus | Édulcorants, agents d'enrobage et divers |
Beaucoup d'additifs sont inoffensifs, voire naturels : la vitamine C (E300) ou la lécithine de tournesol (E322), par exemple.
Les additifs qui font l'objet de recommandations
Les nitrites
Utilisés dans la charcuterie (E249 à E252), ils empêchent le développement de bactéries dangereuses et donnent la couleur rose du jambon. L'Anses a confirmé en 2022 l'association entre l'exposition aux nitrites et nitrates et le risque de cancer colorectal, et recommande d'en réduire l'exposition. La charcuterie est d'ailleurs à limiter selon les repères nutritionnels.
Le dioxyde de titane
Ce colorant blanc (E171) n'est plus autorisé dans l'alimentation dans l'Union européenne depuis 2022, faute de pouvoir écarter un risque pour la santé.
Certains émulsifiants
Des études chez l'animal et des études d'observation chez l'humain s'intéressent à l'effet de certains émulsifiants (par exemple les carraghénanes, E407, ou la carboxyméthylcellulose, E466) sur le microbiote intestinal. Les connaissances progressent ; par prudence, limiter les produits qui en contiennent beaucoup ne coûte rien.
Les édulcorants
L'aspartame (E951) a été classé « peut-être cancérogène » par le Centre international de recherche sur le cancer en 2023, tout en conservant une dose journalière admissible jugée sûre par les experts de l'OMS. Au-delà des débats, les édulcorants entretiennent le goût du sucré.
Le dosage compte : un additif autorisé est évalué avec une dose journalière admissible. Le vrai problème, c'est l'accumulation quand les produits ultra-transformés sont nombreux dans l'assiette.
Les réflexes simples
- Cuisiner davantage à partir de produits bruts, même simplement (voir nos recettes en 20 minutes).
- Comparer les listes d'ingrédients : à produit égal, choisir la plus courte.
- Choisir du jambon « sans nitrites ajoutés » quand c'est possible, et limiter la charcuterie.
- Utiliser une application de scan pour repérer rapidement les additifs.
- Regarder le label bio : il autorise une liste d'additifs beaucoup plus restreinte.
Le Nutri-Score ne prend pas en compte les additifs : c'est un complément utile, pas une réponse complète. Pour comprendre le rôle du microbiote, nos voisins de sciences.fr expliquent comment fonctionne le microbiote intestinal.
Questions fréquentes
Les additifs naturels sont-ils plus sûrs ?
Pas forcément : naturel ne veut pas dire inoffensif, et synthétique ne veut pas dire dangereux. L'évaluation se fait additif par additif.
Le pain de boulangerie contient-il des additifs ?
La baguette de tradition française ne peut contenir que de la farine, de l'eau, du sel, du levain ou de la levure. D'autres pains peuvent contenir des améliorants.


